Couture

J’ai cousu ma robe de mariée!

Je reviens aujourd’hui avec un article qui me tenait à cœur d’écrire. Commencé début septembre, je le complète au fur et à mesure depuis, au gré des salles d’attente et des moments de creux. Dans cet article, je vous raconte en détail l’envers du décor de la confection de ma robe de mariée.

Attention, j’ai écrit un roman! Je n’écris pas souvent sur ce blog, mais quand je le fais je ne fais pas semblant!

Au-delà du partage (j’ai adoré lire des récits de couturières qui avaient cousu leur propre robe de mariée, et j’avais envie de rendre la pareille), j’ai aussi envie de garder une trace écrite de mes péripéties pendant ces huit mois pour ne pas oublier les hauts et les bas que j’ai traversé pour arriver à ce résultat. Tout ne vous intéressera peut-être pas, et je n’en serais absolument pas vexée ! Pour les plus pressées, les photos sont à la fin !

Vous êtes prêt.e.s? C’est parti!

L’AVANT

Quand j’ai commencé la couture (en 2015) et que j’ai découvert la communauté couture sur Instagram et sur les blogs, j’ai passé beaucoup de temps à admirer les réalisations des couturières sur la toile. Voir ce qu’étaient capables de coudre certaines, c’était vraiment inspirant ! C’est là je crois que j’ai découvert que certaines d’entre elles/vous avaient/aviez entrepris de coudre leur propre robe de mariée. A l’époque, j’avais trouvé ça absolument génial, je ne pensais pas qu’il était possible de coudre soi-même des robes de mariée aussi réussies! Je crois que j’avais toujours un peu dans un coin de la tête le préjugé selon lequel les habits cousus main ne pouvaient pas avoir l’air d’être de « vrais » habits… Vous pensez bien que j’ai changé d’avis depuis!

Quoi qu’il en soit, je rêvais d’atteindre le niveau de couture nécessaire pour être capable de coudre ce genre de projet !

Fast forward en septembre 2016. Je participe à un challenge photo sur Instagram, sur le thème de la couture et l’un des thèmes quotidiens proposé est « le projet couture de vos rêves ». À l’époque, je ne pensais pas me marier un jour, mais ça ne m’empêchait pas de considérer la robe de mariée comme le projet couture ultime !

La robe qui m’a fait craqué, de plus près:

Source: Pinterest

(à ce propos, je sais qu’une couturière sur Instagram (je ne retrouve plus qui !) a reproduit cette robe pour son mariage, quel boulot de dingue ! Le rendu était magnifique!)

Et puis, le temps a passé, et j’avais une petite voix dans la tête qui me disait « quand même, c’est dommage de ne pas se marier, j’aimerai bien essayer de me coudre ma robe »…

Bref, tout ça pour dire que quand Monsieur a posé THE question, juste après avoir dit « Oui ! », ma première pensée a été : « Hiiiiiii! Je vais coudre ma robe de mariée!!! » ! Pour moi il n’a jamais été question d’acheter une robe toute faite, même si je devais galérer ou adapter mon modèle à mes capacités, je n’ai jamais envisagé une seule seconde de porter une robe qui ne soit pas cousue par mes soins le jour J.

LE POINT DE DÉPART

Une fois remise de mes émotions, j’ai rapidement commencé à dessiner des modèles:

J’ai évidemment créé un tableau Pinterest « Robe de mariée » dans la foulée, et je suis devenue l’une de ces meufs qui suivent des créatrices de robes de mariée sur Instagram (à éviter si vous n’avez pas de projet de mariage ou si c’est déjà fait, sinon je vous garantis que vous aurez envie de vous marier tous les mois pour pouvoir porter toutes ces BEAUTÉS !).

tableau pinterest robes de mariée

Source: Mon tableau sur Pinterest

Evidemment, il y a des robes complètement dingues qui sont sublimes mais au fond, j’avais envie de quelque chose de relativement simple : je ne trouve déjà pas ça hyper facile d’être le centre de l’attention, j’avais envie d’une robe dans laquelle je me sentes le moins déguisée possible, le plus moi-même (expression cliché mais je ne trouve pas d’autres manières de le formuler!).

Ça tombait bien, parce que je n’avais pas envie de passer des heures à broder des perles, des plumes ou autres sur des kilomètres de tulle et de dentelle !

Du coup, je me suis plutôt concentrée sur la forme que je voulais ou plutôt, que je trouvais le plus flatteuse sur moi. C’est là où l’avantage d’avoir beaucoup cousu ces dernières années paye : je commence à savoir ce qui me va ou pas, quel type d’encolure je porte le plus, quel forme de manche me va le mieux, etc.

Après « analyses » (lol), le cahier des charges était assez clair : l’encolure devant devait être en V, dégagée, le corsage près du corps, serré à la taille et la jupe évasée en bas pour contrebalancer ma silhouette d’allumette (et mes « épaules larges »… attention #spoileralert!).

J’aimais beaucoup l’idée d’un corsage boutonné devant avec des petits boutons recouverts, pour donner un côté un peu « vintage »  mais c’est un détail auquel je tenais absolument pour le dos de ma robe, donc j’avais peur que d’en mettre aussi devant fasse un peu too much..

Et enfin, sans surprise, ma robe de mariée serait… DOS NU (mon pêché mignon !).

L’INSPIRATION

Et puis, au gré de mes vagabondages sur Pinterest et Instagram, je suis tombée sur cette photo, qui est un modèle de la créatrice Fabienne ALAGAMA :

Source: Fabienne ALAGAMA

Coup de cœur, que dis-je, coup de foudre IMMÉDIAT pour cette robe et surtout, pour son corsage tout en dentelle! (Ah oui, parce que j’ai oublié de préciser que niveau dentelle, j’avais des exigences, je ne voulais pas d’une dentelle trop fleurie ou trop fine. Je rêvais d’une dentelle un peu bohème, un peu géométrique mais quand même romantique…. (j’aurais dû faire du marketing !).

Et là, cette dentelle, sur cette robe, c’est le coup de foudre!

En fouillant toujours plus sur Pinterest, je m’aperçois que cette dentelle est aussi utilisée par Laure de Sagazan sur certains de ses modèles… modèles que j’avais justement épinglés parce que je trouvais cette dentelle trop belle ! 

Source: Pinterest

Donc, je fais un peu marcher mes neurones et je me dis, si deux créatrices différentes utilisent la même dentelle, ça veut dire qu’elle n’est pas exclusive à une marque, et que PEUT-ÊTRE, moi aussi je peux l’acheter ….

Mais là je vais un peu trop vite dans mon récit, cette réflexion je ne me la suis faite que plus tard, après les essayages (quelques neurones certes, mais lents au démarrage).

LES ESSAYAGES

Un des conseils que j’ai pu lire partout lorsque je cherchais des informations sur la couture de robes de mariée c’était d’aller faire des essayages en magasin ! Non pas pour prévoir un plan B au cas où je foire (merci pour la confiance Papa!) mais pour vérifier que les coupes qui me plaisent sur des mannequins sublimes et bronzées me vont (et bien sûr, pour faire un peu d’espionnage industriel discret en mode : « oooh c’est beau ce tissu c’est quoi ? Oh et la doublure elle est faite en quoi? Mmm c’est magnifique… »)!

Comme j’avais craqué sur le corsage de la robe Fabienne Alagama, je voulais absolument l’essayer, ne serait-ce que pour voir si elle était aussi belle en vrai qu’en photo (spoiler alert: elle l’était !). Le souci c’est que j’habite à Marseille et que la marque a des boutiques uniquement à Lyon et Paris. Heureusement pour moi, ma sœur habite à Paris, donc on s’est organisé un week-end parisien en février pour faire des essayages. J’ai aussi réservé une séance d’essayage au Printemps Haussmann, chose que je recommande si vous n’avez pas d’idée précise du type de robe que vous voulez puisqu’ils ont un peu de tout. C’était aussi l’occasion d’essayer des robes sublimes à des prix +++++, parce que je crois que c’est la seule fois dans ma vie où j’en aurais l’occasion ! Notamment, ma sœur m’a fait essayer une robe brodée de perles et de brillants, avec une traîne de 6 mètres de long, on a bien rigolé !

A l’essayage chez Fabienne Alagama, j’ai pu me rendre compte que la dentelle sur laquelle j’avais craquée était aussi magnifique en vrai qu’en photo, mais je n’étais pas convaincue par le style de la jupe. La vendeuse m’a fait essayer une autre version de la robe avec le même corsage mais une jupe plus vaporeuse (cf. la 4ème photo ci-dessus). Pourtant, ce n’était pas encore tout à fait ça et la grosse ceinture blanche ajoutée sur cette version me plaisait moins.

Le dos nu était magnifique (et tenait bien sur les épaules malgré le décolleté devant, ce qui m’a prouvé que c’était possible d’avoir les deux!) mais il était un chouïa trop profond à mon goût. 

Dans tous les cas, rien qui ne soit pas facilement modifiable si je la patronnais moi-même. A ce stade, j’étais plutôt contente donc!

L’après-midi, au Printemps Haussmann, j’arrivais sans idée particulière en tête et j’en ai donc profité pour essayer des robes aux styles très différents pour être archi-sûre de mon choix (d’ailleurs, je ne vous cache pas que tout au long des essayages, j’avais une peur bleue de trouver LA robe parfaite à mes yeux, et d’être dégoûtée car je savais que je ne serai jamais assez forte pour la reproduire parfaitement! Je cherchais avant tout des idées, une forme et un style, mais surtout pas la robe de mes rêves !). Parmi les robes que j’ai essayé, il y avait cette robe (celle en bas à gauche sur le groupement de photos plus haut) qui nous a marqué dès notre arrivée dans la boutique. Elle était mise en avant sur un mannequin au milieu du rayon et elle ressemblait beaucoup à la robe dont j’avais posté la photo en 2016. Ma mère et ma sœur m’ont convaincu de l’essayer, et même si on la trouvait grandiose, la profondeur du décolleté et la transparence du corsage m’aurait mis un peu mal à l’aise en public ! Et avec tous ces jupons de tulle, je me sentais un peu déguisée. Pourtant, quand nous avons montré les photos des essayages à nos proches, c’est cette robe-là qui remportait tous les suffrages! Et c’est vrai que moi aussi je trouvais que l’ampleur de la jupe était flatteuse sur moi…

C’est assez marrant parce que sur le moment, la robe qui a fait l’unanimité c’était un modèle de Margaux Tardits, beaucoup moins encombrant, un peu style « toge romaine » mais au corsage hyper travaillé avec des jeux de plis, de jours échelles et d’inserts de broderie. Elle était ultra légère à porter, mais avec le recul et en regardant les photos, je trouvais la jupe trop près du corps et pas assez volumineuse, je trouvais que ça me tassait (je précise que sur les photos je suis sur une estrade d’au moins 20 cm de haut !). Bref. Dans tous les cas, je ne me sentais pas de reproduire un corsage aussi détaillé et travaillé, il aurait fallu travailler en moulage pour retrouver le tombé des plis, et je ne me sentais pas de me lancer dans une nouvelle technique de modélisme en plus de tout le reste!

Tout ça pour dire qu’après les essayages, je restais fixée sur ma première idée pour le corsage, je le voulais tout en dentelle, avec un décolleté en V devant et un dos nu en V derrière, et des petits manchons pour les manches. Oui parce que j’allais oublier, la grande leçon qui est ressortie de ces essayages c’est que j’ai les épaules larges! Je suis entre le 36/38 sur mes mensurations buste et taille, et plus proche du 34 pour les hanches, ce qui fait que j’ai une morphologie en V ma chérie ! Et d’après la vendeuse de chez Fabienne Alagama, avec mes épaules sur-développées, les robes sans manches c’était No Way! (N’empêche, elle avait pas tord, j’avais déjà remarqué que les manches kimono ne m’allaient pas du tout, maintenant je sais pourquoi : ça accentue ma carrure !)

TROUVER LA DENTELLE

Il ne restait plus qu’à trouver LA dentelle, puisque de sa teinte dépendrait le choix de tous les autres tissus. En sortant de chez Fabienne Alagama, nous sommes allées au Marché Saint Pierre à Montmartre pour voir leurs dentelles en vrai. Ils ont un rayon « Mariage » à l’un des étages qui est plutôt bien fourni. Il y en avait un aussi chez Tissu Reine mais c’était globalement les mêmes tissus (peut-être 1€ moins chers si ma mémoire est bonne!). Il y avait de très belles dentelles, même s’il n’y avait pas exactement celle que je recherchais. Le soucis, c’était de trouver un galon de la même couleur que la dentelle pour habiller le décolleté et le bas des manches). On voit bien le galon à pompoms sur la photo ci-dessous, pour que vous visualisez mieux : 

On a eu beau découper un mini bout de dentelle et aller le coller aux galons et rubans de toutes les merceries du quartier, c’était jamais la même teinte.

Je savais grâce à @Bee_Made que chez Stragier, ils avaient un système de nuancier de blancs qui permettait de trouver les tissus et la mercerie exactement assortis à la teinte de la dentelle choisie.

Posées dans un café, j’explique ça à ma mère et en discutant, je fais aussi le lien avec ce que je vous disais plus haut, à savoir que la dentelle de la robe Fabienne Alagama sur laquelle j’avais flashée était aussi utilisée par Laure de Sagazan, ce qui signifiait qu’il ne s’agissait pas d’une dentelle exclusive à l’une de ces deux marques. J’attrape donc mon téléphone et je commence à éplucher toutes les dentelles sur le site de Stragier (le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a du choix!). Et là, au fil des pages, je tombe sur le GRAAL! MA dentelle (oui à ce stade je deviens possessive) en vente sur le site de Stragier, accessible à tous!

Champagne, champomy ou jus de pomme, peu importe ce qui vous fait vibrer, l’heure était à la fête !!

Le cas de la dentelle (et la difficulté à trouver tissus et mercerie assortis) était réglé!

*pause – je bois un verre d’eau – on reprend*

LE CHOIX DE LA FORME DE LA JUPE

Le seul doute qui subsistait à l’issue des essayages c’était la forme de la jupe. Aucune des robes que j’avais essayé n’avait la jupe « parfaite », donc c’était dur de se rendre compte si ce que j’imaginais était faisable, et surtout quels tissus il fallait pour avoir l’effet recherché. Je voulais reproduire l’effet de la robe blanche (haha!😜) qui avait beaucoup plu en photos, mais avec un peu moins de volume pour ne pas me sentir trop « encombrante ».

S’en sont suivis plusieurs mois d’hésitations, de recherches, de croquis et de réflexion sur comment diable allait être la jupe de ma future robe! Le tout accompagné des questions pressantes (mais j’espère aimantes) de mes proches: « Alors cette robe ça avance? » « Tu as bientôt fini ta robe alors? »… Noooooon!

Et puis je sais pas vous mais moi j’étais incapable de commencer quoi que ce soit sans avoir un design fixé et un plan d’attaque précis dans ma tête!

Pour m’aider, j’ai commandé des échantillons de tulles et de mousseline chez Stragier. (En parallèle j’avais envoyé une demande via le questionnaire en ligne du site, pour avoir des conseils dans le choix des matières. Le système est très bien fait, vous pouvez envoyer vos photos d’inspiration et ils vous disent quelles matières choisir! Le seul hic c’est que leur mail de réponse s’est perdu à cause d’une vaste affaire de changement de boîte mail… Après avoir rouspété pendant des semaines, j’ai fini par découvrir qu’ils m’avaient bien répondu, je n’avais juste pas regardé la bonne boîte mail… Bref, avec le recul, je ne regrette pas d’avoir commandé les échantillons entre temps parce que j’avais besoin de « voir » les tissus, ne serait-ce qu’en miniature, pour me faire une idée du rendu.

D’ailleurs, parenthèse dans la parenthèse, le système d’envoi d’échantillons chez Stragier est payant, 2€ pour un mini carré et 4€ pour un carré de 10 x 10 cm. Malgré le prix, j’ai commandé mes échantillons en 10 x 10 cm parce que c’est vraiment le minimum pour se rendre compte du tombé d’un tissu!

Avec mes petits échantillons, j’ai pu jouer à les superposer les uns sur les autres pour voir les différents rendus (mousseline + tulle fin ou mousseline + tulle fin + tulle épais) Ce qui m’a permis de faire mon choix.

Ce qu’il faut que je précise c’est qu’entre-temps, j’avais enfin trouvé une photo d’inspiration qui montrait exactement le type de jupe que je voulais pour ma robe.

Je vous la mets ici:

Malheureusement, je n’ai pas réussi à retrouver la marque de la robe, j’ai « stalké » le couple sur Instagram pour trouver le maximum de photos possibles de la robe, pour la voir sous toutes les coutures et essayer de comprendre quels tissus avaient été utilisés pour obtenir cette effet sur la jupe. (Intense, moi?)

Pour reproduire la jupe, en jouant avec mes échantillons, j’étais arrivé au « sandwich » suivant (de l’extérieur vers l’intérieur) :

  • Une couche de mousseline de soie transparente qui serait coupée en un cercle froncé à la taille,
  • Une couche de tulle léger coupé en cercle simple,
  • Une couche de tulle plus épais (dit « demi souple ») pour faire un jupon en deux parties : le haut en quart de cercle pour ne pas ajouter trop de volume aux hanches et le bas du jupon serait une bande froncée pliée en deux sur la hauteur pour rajouter du volume uniquement en bas de la jupe (et éviter ainsi l’écueil de la jupe qui « rentre entre les jambes »),
  • Et enfin une couche de doublure en voile de viscose.

Je vous ai mis les références des tissus Stragier en hyperliens pour celles.ux que ça intéresseraient.

Pour le buste, j’ai utilisé cette dentelle que j’ai doublé avec 60 cm d’une mousseline de soie couleur nude.

Voilà, ça c’était le plan initial, décidé début juillet (pour vous donner une idée du timing)!

COMMANDE DES TISSUS

Ensuite, il a fallu calculer les métrages nécessaires pour chaque tissu. On s’y est mises à deux avec ma mère pour être sûres de ne pas faire de boulettes. Le plus compliqué, c’était de déterminer comment faire rentrer un cercle qui ferait plus 3 m de diamètre dans un tissu avec une laize d’1m40. Pour la couche de mousseline, on a coupé le cercle en six, et pour chaque panneau ainsi créé, on a dû rogner un peu pour que ça rentre dans une largeur de 1m40. Mis à plat, ce n’est pas un « vrai » cercle, mais vu l’ampleur, ce n’était pas gênant.

Je me suis fait des petits plans de coupe schématiques pour vérifier mes calculs et surtout pour me souvenir au moment de la coupe de comment je devais couper chaque tissu !

Une fois les métrages calculés, et vérifiés, il était temps de se jeter à l’eau, et de passer enfin commande!

(Je vous passe l’épisode de LA dentelle qui se trouve en rupture de stock au mois de mai (😱😱😱) mais qui heureusement a été réapprovisionnée (dix euros plus cher le mètre) quelques semaines plus tard. Finalement je ne suis même pas passée par Stragier pour acheter la dentelle, l’adorable Camille du compte Instagram @desideesparmilliers et de la marque de robe de mariées @camilledesaintleger, avait un reste de cette exacte dentelle qu’elle a proposé de me vendre).

Bref, je disais donc, il était temps de passer commande pour tous les autres tissus. Je remplis donc mon panier et arrivée au « Checkout », je me retrouve avec un montant total (que je trouve) complètement exorbitant, ou en tout cas qui ne correspondait pas au budget que je m’étais fixé pour cette robe.

LE PRIX

On en arrive au moment délicat où on évoque des prix. Je sais que ça peut être un sujet sensible, mais je trouve important d’en parler parce qu’on ne peut pas nier que l’argent reste un facteur qui limite plus ou moins en terme de créativité. 

La robe qui me plaisait chez Fabienne Alagama coûtait 2500 €, celle qui me plaisait au Printemps avec le style un peu « toge », coûtait plus de 4000 € et celle avec le bustier fleuri et la grande jupe en tulle était à plus de 6000 € si ma mémoire est bonne. Je ne remets pas du tout en cause les prix de ces robes de créateurs, après avoir vu le travail nécessaire pour patronner et coudre ce type de robe, je trouve le prix juste.

Par contre, en cousant ma robe moi-même, j’espérais réduire le budget un maximum pour obtenir une robe d’une qualité équivalente. Le budget initial que je m’étais fixé était de 500 € maximum (sachant qu’en toute honnêteté, mettre 500 € dans une robe portée quelques heures une fois dans ma vie, c’était déjà quelque chose avec lequel je n’étais pas super à l’aise! Attention, en disant ça, je n’émets aucun jugement, on a tous des postes de dépenses qui nous paraissent plus ou moins essentiels (et qui le sont plus ou moins en réalité). Moi aussi j’achète des choses qui ne sont pas indispensables juste pour me faire plaisir! Mais pour la robe de mariée, je ne sais pas si c’est mon côté rebelle anticonformiste (LOL) ou juste l’écœurement de toutes les dépenses encouragées par l’industrie du mariage, mais je tenais à conserver un budget que je jugeais raisonnable (tout est relatif, mon raisonnable ne sera peut-être pas le vôtre).

Bref, aparté fermé.

Au moment de valider ma commande donc, mon panier dépassait les 1000 €, soit le double de mon budget initial!

Hors de question pour ma part de doubler mon budget, donc j’ai dû procéder par élimination.. quel poste pouvais-je réduire ? Les deux couches qui coûtaient le plus cher étaient la mousseline de soie (6 ou 7 mètres à 50 €/m) et le tulle léger qui était un tulle de soie, à 130 € le mètre et il m’en fallait 3 mètres pour y couper un cercle.

Impossible de passer outre la mousseline de soie qui était la couche visible (de l’iceberg!), je voulais un tissu de qualité. Par contre, le tulle de soie, était-ce vraiment nécessaire ? Ne pouvais-je pas trouver un tulle d’un poids équivalent en polyester (oui , dans ces moments -là, ma conscience écologique repasse en arrière plan – #onatousnoscontradictions).

En retirant de mon panier les 3 mètres de tulle léger, je faisais déjà une économie très importante, j’ai donc passé ma commande sans! En me disant qu’avec un peu de chance, je n’en aurais même pas besoin pour avoir l’effet que je voulais (spoiler: je n’en ai effectivement pas eu besoin, ni du tulle plus rigide d’ailleurs!).

Je vous raconte ça maintenant avec calme et sérénité, comme si je savais que tout allait bien se passer, mais en vrai sur le moment j’étais rongée par le doute et l’indécision, surtout que le timing commençait à être serré !! J’ai même passé une commande d’échantillon sur Tissus-Price en parallèle pour voir la qualité de leur tulle, qui n’était vraiment pas cher (sur les conseils de Camille). Toutefois, le tulle était encore trop raide par rapport à mon tulle de soie initial et finalement, j’ai fait sans (et sans le tulle « demi-souple » commandé chez Stragier aussi, vous verrez pourquoi après !).

Je ne vous fais pas un devis détaillé, si ça vous intéresse vraiment, je vous ai mis tous les liens, vous aurez un ordre d’idée du budget final.

Bref, on était début juillet, j’avais mes tissus (et j’ai payé plein pot la livraison pour être sûre de les avoir à temps pour ma semaine de « vacances » 10 jours plus tard!). Il n’y avait plus qu’à !

LE PATRONNAGE

Bon, je cause, je cause, mais après le choix du design et des tissus, il ne faudrait pas que j’oublie de vous parler de ce qui vous intéresse peut-être le plus si vous êtes couturière amatrice: le patronnage!

Pour le petit historique, assez rapidement après avoir commencé à coudre, j’ai développé un intérêt pour le modélisme, ou plutôt pour la modification de patrons existants. J’ai fait plusieurs tentatives, pas toujours fructueuses mais qui m’ont au moins permis de comprendre comment ça fonctionnait. Ancienne matheuse, je trouve ça trop cool de comprendre comment des formes en 2D peuvent former des vêtements en 3D. J’ai commencé par des hacks faciles de patrons existants, guidée par des tutos trouvés sur internet. Puis, j’ai eu envie d’approfondir et d’apprendre à dessiner mon buste de base pour pouvoir dessiner mes propres patrons à mes mesures. Il y a 2 ans, j’ai sauté le pas et j’ai acheté un cours Artesane de modélisme sur le sujet (le cours que j’avais acheté n’existe plus à la vente mais il a été remplacé par celui-ci).

Comme je voulais un corsage près du corps, j’ai utilisé mon buste de base pour dessiner le corsage de ma robe. Ce que j’ai fais, c’est que j’ai cousu le buste avec un col près du cou devant et dans le dos, et ensuite j’ai enfilé ma toile et j’ai dessiné directement sur moi (enfin, sur le tissu!) la forme ou en tous cas la profondeur du décolleté devant. Ensuite, j’ai découpé mon tissu le long de la ligne, j’ai recopié la ligne coupée sur mon patron, et j’ai harmonisé la courbe du décolleté à plat (je n’ai pas de perroquet donc je dessine à main levée 😬). Pour le dos par contre c’était plus compliqué, parce que ma technique ne marche pas si je suis toute seule!! J’ai bien essayé de recruter Monsieur en lui demandant de faire une croix au niveau de la profondeur du décolleté dos là où je lui montrais, mais inutile de vous dire que c’était un plan complètement foireux! Après essayages, le dos baillait à mort, il me fallait une solution!

J’ai donc fait appel à Inari que j’avais rencontré quelques mois plus tôt et qui donne des cours de couture et de modélisme à Marseille. D’ailleurs si vous débutez en couture ou que vous voulez vous perfectionner, je vous recommande ses cours, elle est vraiment douce et patiente et elle explique très bien, c’était vraiment un plaisir!

Je me suis donc booké mon petit cours de patronnage (c’est vrai que ça a un coût supplémentaire (70€ les deux heures) mais c’était ma robe de mariée, je voulais un fit parfait! Et en plus, ça me faisait trop plaisir d’en apprendre un peu plus en modélisme, c’était un peu un auto-cadeau pré-mariage !!). Je suis allée à l’atelier d’Inari et elle a dessiné le dos directement sur moi (encore une fois, sur la toile !) et elle m’a appris à reprendre le patronnage obtenu pour que tout coïncide! On a manqué de temps pour qu’elle me montre comment patronner les manchons mais je n’étais pas inquiète (spoiler alert : ce n’était pas si facile que ça d’obtenir la forme que je voulais tout en gardant la possibilité de lever les bras !).

Je suis rentrée chez moi, et j’ai toilé, j’ai toilé, jusqu’à obtenir le résultat que je voulais.

toile-robe-de-mariée
(vous m’excuserez mais le blanc c’est transparent!)

Petit conseil: j’avais déjà fait une toile de la jupe en utilisant le patron fourni avec le cours Artesane « J’apprends à coudre ma robe de mariée » pour avoir un point de départ à partir duquel apprécier l’ampleur que je voulais donner à ma jupe! Je l’ai cousu dans un voile de viscose des Coupons de Saint Pierre, et je m’étais dit que ce n’était pas du temps et du tissu perdus parce que si le résultat était concluant, je comptais l’utiliser comme doublure de ma robe finale.

Ce que je vous conseille pour tester le patronnage du corsage, c’est de coudre ensemble au point large votre toile du corsage avec votre toile de la jupe. En effet, avec le poids de la jupe, le corsage tire vers le bas et cela joue beaucoup sur le « fit » général du corsage. Certes, cela demande de coudre et découdre la jupe (au niveau de la ceinture) à chaque fois qu’on refait une toile du buste, mais c’est indispensable pour avoir une idée du rendu final, ne serait-ce que pour déterminer la longueur du buste voulue.

Dernier conseil de modélisme donné par Camille pour avoir un décolleté devant et dos ET avoir une robe qui tient sur les épaules (mon Graal personnel): c’est tout bête, il suffit de redessiner la pente de la ligne d’épaule en l’abaissant d’1 cm (ou moins, ou plus, faites des tests) au niveau de l’encolure (cf schéma ci-dessous). Je vous promets que c’est magique !

Pour récapituler, au moment de coudre j’avais:

  • Tous mes tissus
  • Mon patron de buste + manchons
  • Mon schéma pour couper mes panneaux de mousseline et mon tulle,
  • Ma jupe en viscose que je comptais utiliser comme doublure.
schéma-robe-de-mariée-devant-et-dos
Schéma détaillé de la construction de la bête (Désolée, il faut zoomer avec votre navigateur internet pour voir les annotations)

Et pour me préparer aux techniques pour coudre de la dentelle et de la soie et surtout pour apprendre à faire de belles finitions avec ces tissus, je me suis donc offert le cours de Camille « J’apprends à coudre ma robe de mariée » sur Artesane. Je pense que ce qui fait vraiment la différence sur une robe de mariée fait main, c’est la qualité des finitions. Surtout quand on manipule des tissus précieux comme la dentelle et de la soie, je trouve qu’il est important que les finitions soient hyper propres car ce sont des tissus qui marquent beaucoup les imperfections. Le cours est très complet mais je ne l’ai pas regardé en entier car toutes les étapes présentées ne correspondaient pas à ma robe. Je me suis concentrée sur la partie consacrée à la coupe et à la couture de la dentelle, qui m’a beaucoup appris (et rassurée!) et la partie sur les ourlets et les systèmes de fermeture, très utile aussi ! La voix de Camille (la prof!) est très agréable à écouter et son sens de la rigueur m’a accompagné tout au long de la confection (couper les fils tout de suite, avoir un espace de travail propre et dégagé, etc). Je n’ai testé que la jupe du patron fourni avec le cours, pas le corsage, mais je compte bien utiliser le corsage dos nu pour une prochaine robe d’été ! Vous l’avez compris, je vous recommande chaudement ce coursn(et promis je n’ai pas d’actions !). Camille explique toutes ses astuces de pro qui vous seront utiles même si vous ne cousez pas une robe de mariée, mais en plus, elle est hyper disponible pour répondre aux questions particulières qu’on peut avoir! Elle m’a tenu la main tout le long et était toujours de bon conseil, un grand merci Camille! 

LA SEMAINE DE CONFECTION

Un des plus gros challenge quand on coud sa robe de mariée, outre la technique, c’est le TEMPS! Certes, la plupart des tissus choisis sont délicats à manipuler, mais surtout, quand on choisit de coudre du long, il ne faut pas sous-estimer le temps que prend la coupe et la couture de tout ce tissu !

En bonne procrastinatrice qui se respecte, j’ai besoin que toutes les conditions soient réunies pour pouvoir me lancer: que le projet et les étapes de montage soient claires dans ma tête, que tout le matériel soit à ma disposition, et surtout, j’ai besoin de savoir que j’ai du temps devant moi ! Pour un projet de cette envergure, je ne me voyais pas hacher le travail en cousant une demi-heure par-ci une demi-heure par là, en prenant le risque de perdre le fil (haha!) entre chaque session et de faire des boulettes !! (Bon j’en ai fait quand même mais c’est un autre sujet!).

Du coup, sur mes trois semaines de vacances cet été, je m’en étais réservé une entière dédiée à la réalisation de la robe. J’avais bien conscience que je n’aurais pas fini à la fin de la semaine, mais l’objectif c’était d’avoir fait au moins le gros du boulot, pour qu’il ne me reste plus que les finitions et les coutures à la main à faire ensuite petit à petit, le soir ou le week-end.

Evidemment, ma semaine de couture est tombée en plein pendant la canicule – impossible de faire quoi que ce soit de physique dans l’appart’ sans clim, alors autant vous dire qu’avec les machines et le fer branchés, j’allais crever! Rien que de penser à la coupe des 6 mètres de mousseline à quatre pattes dans mon salon, je me voyais déjà tourner de l’oeil! Heureusement, mes parents étaient en vacances et on a pu aller s’installer dans leur maison CLIMATISÉE pendant une semaine, avec tout mon bazar !!

Autant vous dire que ça a été un sacré déménagement, j’ai vidé les 3/4 de mon atelier, la voiture était pleine !

PROGRAMME DE LA SEMAINE

Je ne vais pas tout raconter dans les détails parce que j’ai déjà pas mal raconté mes déboires sur Instagram (c’est enregistré en story permanente si ça t’intéresse) mais je vais au moins essayer de noter mes conseils et astuces, les trucs qui m’ont été utiles pendant la confection et que j’aurais bien aimé trouvé dans un article comme celui-ci.

Jour 1 – La Coupe

Mes astuces pour découper des longs métrages:

Depuis que j’ai découvert l’utilisation du cutter rotatif grâce à Tilly and the Buttons, je n’envisage plus d’épingler et de couper au ciseau. J’ai un tapis de coupe de 60×90 cm et des poids pour maintenir le patron sur le tissu, et roule ma poule !

Quand j’ai coupé ma viscose pour faire la doublure de la jupe, mon tapis de coupe était trop petit et j’ai été obligée d’épingler et de couper au ciseau: un cauchemar ! La viscose glissait dans tous les sens, ça prenait un temps fou de tout épingler et désépingler, et j’avais l’impression que mes vieux ciseaux ne coupaient pas droit…

Du coup, je ne vous raconte pas les visions d’horreur quand je m’imaginais renouveler l’expérience avec 6 mètres de mousseline transparente !!!

Il fallait absolument que je trouve une solution pour couper au cutter rotatif. J’étais prête à investir dans un tapis de coupe géant mais je n’en ai pas trouvé (ou alors c’était vraiment hors de prix). Et puis, en allant à Leroy Merlin, j’ai eu l’idée d’acheter deux grandes planches d’agglo, assez fines, et de m’en servir comme « tapis » de coupe. Certes, sur le bois, la lame du cutter allait s’abîmer, mais au moins mon tissu était à plat, pas besoin d’épingler, et les lames de cutter, ça se change et c’est beaucoup moins onéreux qu’un tapis de découpe auto-cicatrisant sur mesure !!

Pour stabiliser les planches (qui évidemment, n’étaient pas complètement planes), je les ai posées sur une vieille couverture étalée au sol, et j’ai joué avec les épaisseurs de la couverture pour obtenir une surface la plus plane possible.

J’ai quand même glissé mon tapis de découpe par dessus pour faciliter la découpe au moins à certains endroits et voilà !

Et maintenant que j’ai fini, je réutilise ces planches pour me faire des panneaux derrière ma table de couture sur lesquels j’épingle des photos et j’accroche mes outils !

Mes astuces pour patronner la jupe:

D’habitude, je trace à l’arrache le patron directement sur le tissu, et quand c’est pour une longue jupe froncée, en général il n’y a pas trop de risques!

Cependant, sur de la mousseline de soie, ce n’est pas possible! Et puis, on est quand même en train de coudre une robe de mariée, il faut s’appliquer un peu!

Donc j’ai fait la bonne élève et j’ai tracé mon patron sur du papier kraft acheté en rouleau. J’ai scotché ensemble deux grands morceaux pour pouvoir tracer mon patron qui faisait 1m40 au plus large (largeur de la laize!).

J’ai tenu à garder le tombé d’une jupe cercle donc je me suis embêtée à tracer 1/6ème de cercle à la taille et à l’ourlet (entre nous, je ne sais pas si ça aurait changé grand chose si j’avais fait des parallélogrammes mais bon ! Si vous voulez faire comme moi, prévoyez un peu de rab de papier pour pouvoir placer le centre de ces deux cercles concentriques, ça vous aidera à les tracer. Je vous conseille aussi de vous faire aider, un qui tient la ficelle ou le mètre ruban au niveau du centre du cercle et un autre qui trace l’ourlet (mon cercle faisait plus d’1m40 de rayon, ça fait beaucoup pour une seule personne!).

Mes astuces pour couper le tulle:

J’avais prévu d’ajouter une couche de tulle entre la doublure et la mousseline, et finalement je ne l’ai pas mise parce que la couture se voyait trop par transparence.

Toutefois, j’ai monté le jupon en tulle pour en arriver à cette conclusion donc je peux vous donner quelques astuces. Pour couper facilement mon tulle, j’ai tracé mon patron (de simples rectangles) directement sur la planche, j’ai posé le tulle par dessus en alignant le bord du tissu à mes rectangles, j’ai tout maintenu avec des poids et j’ai coupé directement en suivant les lignes par transparence!

En racontant ça je me demande pourquoi je n’ai pas tracé mes rectangles sur du papier ce qui m’aurait permis de poser le patron sur (ou même sous) le tulle…. peut-être que je n’avais plus de papier !

Jour 2 – Le Corsage en dentelle et sa doublure en mousseline de soie

Astuce pour les raccords avec la dentelle :

L’avantage de copier un modèle existant c’est que je savais déjà exactement comment je voulais placer les motifs de ma dentelle sur le corsage. Par contre, mon dos étant un peu différent du modèle (moins profond, moins échancré), il y a un point auquel je n’avais pas pensé avant de couper : quid des raccords au niveau de l’épaule ? Sur le modèle, seule une bande de dentelle a été reprise au niveau du dos, ce qui fait que ce n’est pas gênant pour le raccord, ça reste « propre ». Par contre, moi j’avais le motif floral qui apparaissait dès les épaules, en miroir par rapport au placement des motifs sur le devant, ce n’était pas très heureux.

Pour éviter le raccord malheureux, j’ai eu l’idée d’insérer une bande de dentelle au niveau de la couture, comme on insérerait un galon de jour échelle. Je vous mets une photo pour que ce soit plus parlant:

Les pinces sur la dentelle:

Pour reproduire le corsage de la robe Fabienne Alagama, j’en avais déduit qu’il fallait que je fasse des pinces poitrines plutôt que les découpes princesse sur le buste. Un des trucs qui me travaillait, c’était de savoir comment faire pour que le tissu des pinces ne se voit pas par transparence avec la dentelle. Finalement ce que j’ai fait, c’est que j’ai cousu mes pinces comme je le ferai d’habitude, et j’ai surjeté et donc coupé l’excédent de tissu pour que la couture soit le moins visible possible.

J’avoue que le placement des pinces est une des choses dont je suis le moins fière sur cette robe, mais j’ai préféré privilégier le « fit » de la robe plutôt que l’esthétisme. Effectivement, si j’avais déplacé un petit peu les pinces pour que le motif soit mieux placé, les pinces ne seraient pas tombées pile poil là où elles devraient tomber sur moi!

Et puis, je pense que le résultat n’était pas si choquant que ça, en tous cas, personne n’est venu me voir en me disant « dommage pour le placement des pinces, c’est un peu raté! »!

La doublure du corsage :

  • Le choix du tissu:

Le choix de la doublure pour le corsage a été une autre de mes grandes préoccupations pendant la phase de conception de la robe. En effet, je souhaitais conserver la transparence de la dentelle comme sur mon modèle d’inspiration. Hors de question alors de doubler le corsage avec un tissu opaque.

Pour autant, en utilisant un tissu « transparent », je craignais l’attentat à la pudeur ! Comment être sûre qu’on ne verrait rien, y compris la lingerie utilisée ? (Comme la robe est dos nu, je comptais porter un de ces soutien-gorge autocollants, sans bretelles ni dos, j’en ai un trouvé chez Etam que j’utilise depuis plusieurs années et qui fait très bien le boulot).

Je crois que c’est ma mère qui a eu l’idée de réutiliser de la mousseline de soie pour la doublure du corsage. La mousseline blanche utilisée pour la jupe était encore trop opaque/trop blanche pour obtenir le rendu que je voulais. En revanche, en changeant la couleur et en prenant une mousseline de la couleur de ma peau, l’opacité était suffisante pour cacher ce qu’il y avait à cacher tout en maintenant l’illusion que la dentelle était à même la peau. Banco !

Je n’ai quand même pas pu utiliser mon soutien-gorge autocollant, il se voyait trop. A la place, je me suis contentée de petits cache-tétons en silicone, très discrets, qui eux ont su rester invisibles (#glamourglamouuur) Voilà, comme ça, vous saurez tout !

  • L’assemblage :

Finalement, j’ai trouvé plus galère de couper et d’assembler la mousseline de soie que la dentelle! La mousseline glisse, c’est fin, c’est délicat à manipuler si on ne veut pas que ça se déforme…

Pour la découpe : j’ai tracé mon patron de buste devant en entier sur du papier de soie (pas de coupe au pli avec un demi devant pour ce type de tissu! D’ailleurs je crois que j’avais fait pareil pour la dentelle aussi) et j’ai coupé comme d’habitude avec mon cutter rotatif sur ma planche à découper. Pour tracer les pinces poitrines, j’ai épinglé la mousseline et le papier de soie ensemble, comme si c’était une seule couche. J’ai formé mes pinces poitrine en suivant les lignes tracées sur le papier de soie. J’ai piqué sur sandwich papier de soie/mousseline (papier de soie sur l’extérieur) et ensuite, j’ai déchiré le papier de soie. Ça permet de stabiliser le tissu quand il passe sous la machine et de ne pas avoir à écrire sur la mousseline, parce que de toute façon, je ne sais pas avec quoi j’aurais écris dessus!

Et pour éviter que les emmanchures et l’encolure ne se déforment de trop, j’ai fait une piqûre morte dans les marges de couture avant d’assembler les épaules et les côtés.

Jour 3 – Les manchons

Là on était en plein milieu de ma semaine de couture et avec le recul, je crois que je commençais à saturer… et c’est comme ça que je me suis laissée envahir par le doute… 🙄🤦🏼‍♀️

J’avais patronné mes manchons en faisant un mix entre de la coupe à plat et du moulage. Ça rendait bien, mais je trouvais que l’aisance n’était pas folle, j’étais gênée pour lever les bras… Au moment de couper ma dentelle, j’ai été prise d’un excès de zèle et j’ai décidé de repatronner entièrement les manches en respectant bien les règles de la coupe à plat (parce que quand même, c’est ma robe de mariée, il faut qu’elle soit parfaite, c’est con de ne pas pouvoir lever les bras facilement, comment je vais faire pour lancer le bouquet, toussa toussa 🙄)

Et vas-y que je sorte tout le matos de modélisme, que je potasse le bouquin de modélisme, que je monte la nouvelle manche sur ma toile… Verdict ? Je ne peux pas spécialement lever les bras davantage, et en plus, le rendu n’est pas comme je veux! Retour à la case départ, deux heures de perdues! Voilà comment j’ai appris à mes dépens le sens de l’expression « Le mieux est l’ennemi du bien » !

(Je vous passe l’épisode des manches montées à l’envers le soir alors que « attend mais c’est trop bête d’arrêter de coudre maintenant, il ne me reste plus que les manches et j’ai fini le corsage! T’inquiète c’est rapide! » 🙄🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♀️🤦🏼‍♀️) Résultat : une heure de plus de perdue le lendemain matin à découdre dé-li-ca-te-ment les points serrés sur la dentelle.. #bonheur)

Jours 4 – La pose du galon

Inspirée par la robe Fabienne Alagama, je souhaitais moi aussi poser un galon tout le long de l’encolure (devant et dos) ainsi que sur le bord des manches. Je n’ai pas trouvé le même galon que la marque chez Stragier et comme je souhaitais que la couleur soit exactement la même que celle de la dentelle, j’ai sélectionné deux galons de chez Stragier de la bonne couleur qui pourraient faire l’affaire. Finalement, j’ai choisi d’utiliser le galon avec les petits pompons (à gauche), car je trouvais que c’était celui qui se mariait le mieux avec la dentelle.

Comme vous pouvez le voir, la galon est plus large que ce que les photos de ma robe laissent paraître. En effet, j’ai choisi de ne faire dépasser que les pompons, et de cacher le reste du galon dans les coutures (en sandwich entre la dentelle et la doublure pour le corsage et directement posé le long de l’ourlet, sur l’intérieur, pour les manches).

C’était évidemment très minutieux à poser puisqu’il fallait que la hauteur de galon visible soit la même partout. J’ai tout posé à la main, en faufilant, puis j’ai piqué à la machine pour bien renforcer les coutures. J’ai piqué à petits points serrés pour être sûre que tout était pris ensemble malgré le fait que la dentelle et le galon soient ajourés. Je n’ai pas eu de problèmes de solidité.

Par contre, les pompons étaient très fragiles, et à force de manipuler la robe, certains ont commencés à se dépiauter. J’ai sauver les meubles comme j’ai pu à l’aide de vernis à ongle transparent posé par petites touches sur l’envers des pompons récalcitrants. (Je vous passe la boulette monumentale de la fille qui n’a pas vérifié que le pinceau du vernis était archi propre et qui se retrouve avec un pompon légèrement teinté BLEU, pile sur le milieu du décolleté devant !!).

D’ailleurs, le V du devant a été assez délicat à border, j’avais évidemment coupé trop court mon galon de chaque côté du V et j’ai dû rajouter des minis bouts de galon avec un seul pompon à la main, au niveau de la pointe du V. Et ce n’était pas faute d’avoir anticipé et d’avoir mesuré avant ! Mais j’ai quand même vu trop juste! Finalement, j’avais presque oublié ce détail ! C’est bien la preuve que mon raccommodage de fortune n’était pas si pourri que ça !

J’ai eu aussi un peu peur que l’encolure ne baille trop à cause des pompons mais avec le poids de la jupe accroché à la doublure du corsage, ça tirait légèrement vers l’arrière et ça s’est avéré plutôt pas mal.

(Même pas rentrée dans la mairie, il me fallait déjà un mouchoir !)

Jour 5 – L’enfer de la mousseline

Je vous remets les storys partagées sur le moment. Tout ça pour ça…

Jour 6 – La doublure de la jupe

Pour la doublure, comme je le disais plus haut, j’avais prévu de réutiliser ma toile, faite à partir du patron du cours Artesane « J’apprends à coudre ma robe de mariée ».

Un mot sur le choix du tissu: initialement, je pensais que la robe de mariée « devait » être entièrement en soie – doublure comprise – faute de quoi elle aurait l’air un peu « cheap ». Et puis en discutant avec Inari, elle m’a fait réaliser à quel point c’était ridicule: personne n’allait voir la doublure! Elle me conseillait de partir plutôt sur un voile de coton, qui a l’avantage (outre le prix) d’être léger et respirant. Comme j’avais chez moi plusieurs mètres de voile de viscose, je suis partie là-dessus. En plus, pour ce que j’avais en tête, je préférais la fluidité de la viscose au tombé parfois un peu plus raide du coton.

La doublure était très gourmande en tissu, j’ai utilisé 6 mètres de viscose (je rappelle que je suis « grande », je fais 1m75).

Pour finir le bas de l’ourlet, j’ai utilisé une bande de crin. C’est une idée que j’avais déjà vu sur le blog de Allie M Jackson  et qui est expliquée plus en détail dans le cours de Camille.

Le concept ? Créer une coulisse dans l’ourlet pour y insérer une bande un petit peu rigide qui permet au bas de la jupe de garder une belle ampleur. Un peu comme un cerceau qu’on mettrait en bas d’une crinoline mais en plus souple, plus discret et plus moderne!

J’ai donc fait mon ourlet de doublure en mode « relax », en me disant que comme c’était dessous, ça ne se verrait pas (tu la sens la fille qui est en train de faire une overdose ?).

Je vous passe les détails puisque ce serait quand même un comble que je vous donne des astuces pour bâcler un ourlet !

Grosses interrogations sur la longueur de doublure ! Paniquée à l’idée de me prendre les pieds dans ma robe le jour J, (je ne sais pas marcher avec des talons!) j’ai eu la *brillante* idée de faire l’ourlet de la doublure au niveau des chevilles, quitte à faire plus longue la sur-jupe en mousseline… (spoiler alert: ce n’était pas une brillante idée..)

BILAN DES 6 JOURS

Après 6 jours de coupe et de couture intensives (8h-19h avec une pause à la calanque pour manger, parce que quand même, faut pas déconner!), je me retrouvais avec une robe quand même bien avancée! Il me restait à:

  • finir d’assembler la jupe en mousseline au corsage (jusque-là je l’avais laissé ouverte dans le dos pour pouvoir entrer dedans facilement en attendant de poser le zip – je précise que j’avais assemblé toute la jupe pour former un cercle complet sans ouverture, mon plan était de couper la fente pour le zip (ou autre) au dernier moment pour éviter que le tissu s’effiloche à cet endroit-là pendant la couture);
  • installer le système de fermeture dans le dos (zip invisible) tout en gérant les problèmes de transparence de ma mousseline – hors de question que l’on voit le zip par transparence… est-ce que j’allais le coudre qu’à la doublure en suivant ce tutoriel de Grainline ? Ou est-ce que je l’assemblerais en traitant la mousseline et la doublure comme une seule épaisseur de tissu? 
  • décider si j’insère une couche de tulle un peu rigide entre la mousseline et la doublure,
  • ourler la mousseline,
  • fermer la robe à la main au niveau de la ceinture.

Bon, il y restait quand même un peu de boulot!

Avant que j'oublie, je voulais vous parler de la playlist qui m'a accompagné pendant ces 6 jours de couture effrénés. J'ai un abonnement Apple Music sur mon téléphone et ils proposent des playlists toutes faites et "intelligentes", c'est-à-dire qui sont régulièrement réalimentées, et j'ai découvert une playlist intitulée "Pure romance" avec que des chansons d'amour! Ça m'a permis de me maintenir dans une petite ambiance "Luuuurve" tout au long de la semaine, parce qu'après tout, c'est quand même ça l'essentiel! On coud une robe de l'amouuur ! <3

RETOUR SUR LA DOUBLURE DE LA JUPE

Trêve de mièvrerie, retour aux choses « sérieuses » !

Ma « brillante » idée de faire un ourlet au niveau de mes chevilles s’est avérée être une grave erreur! Pourquoi ? Parce que la couche de mousseline étant très transparente, il y avait un jour de 10-15 cm entre le bas de la doublure et le sol (où je voulais laisser traîner la couche de mousseline), et le résultat n’était pas du tout à la hauteur de mes attentes! Impossible de rallonger l’ourlet puisqu’il était formé avec une bande rapportée et l’ajout d’une nouvelle bande de tissu n’était pas une solution car la couture se serait vue par transparence (j’ai essayé…). Une seule issue pour avoir un résultat propre: recommencer toute la doublure! A 3 semaines du mariage, me voilà donc sur le site des Coupons de St Pierre à commander deux coupons de 3 mètres de viscose blanche…. 🙄🙏🏻

Sereine la meuf?

Heureusement ma mère débarquait quelques jours plus tard et j’avais donc de la main d’œuvre pour m’aider! #mercimaman

Je peux vous dire qu’on était pas trop de deux pour tout refaire : à la fin du week-end il ne me restait que la coulisse de la bande de crin à finir de poser!

Une des étapes qui a pris pas mal de temps, (et celle pour laquelle il faut impérativement avoir une personne pour nous aider) c’est la mesure de l’ourlet! Je me revoie encore perchée sur mes talons prévus pour le mariage, essayant de me tenir le plus droite possible, sans bouger, (avec le soleil qui tapait sur la fenêtre de l’atelier 🥵 #canicule) pendant que ma mère était par terre à épingler 6 mètres d’ourlet! #mercimamanbis

Ensuite, pour essayer d’avoir un ourlet plus propre que la première fois, on a patronné des coulisses pile de la bonne largeur, et de la même forme que le bas de la jupe pour ne pas qu’il y ait de plis disgracieux (comme le bas de la jupe est arrondi et que l’ourlet faisait environ 8 cm, il fallait une bande d’ourlet rapporté qui soit également en arrondi. Si j’avais fait une bande d’ourlet droite (même coupée dans le biais), j’aurais eu un surplus de tissu à un moment donné puisque l’extrémité de la jupe est forcément plus longue que 8 cm au dessus).

Malgré ces précautions, la viscose s’est détendue et je me suis retrouvée avec une bande d’ourlet qui ne matchait pas exactement le bas de la jupe ! A ce stade j’étais juste gavée et j’avais envie de tout balancer par la fenêtre mais j’ai continué malgré les imperfections parce que je n’avais pas le choix! Je sais bien qu’en voyant ma robe personne ne s’est dit « han la naze, elle a bâclé son ourlet! » mais il arrive un moment où on est un peu surmenée, et avec la pression de bien faire, on perd de vue l’objectif final!

L’IMPASSE SUR LE TULLE

Au départ, je comptais ajouter un jupon en tulle entre la couche de mousseline et la doublure, pour apporter un peu de « gonflant » au bas de la jupe. Pour éviter qu’il y ait trop de gonflant au niveau de la taille et des hanches, j’avais prévu de coudre un jupon en deux parties : un quart de cercle pour la partie haute et un grand volant plié en deux et froncé pour le bas (à partir des genoux environ).

En soi, le volume obtenu correspondait à ce que je voulais. Le seul souci, encore une fois, c’était la transparence de cette foutue mousseline de soie. Malgré l’utilisation d’un fil transparent pour assembler les deux morceaux constituant le jupon en tulle, la démarcation au niveau des genoux étaient très visible, ce n’était vraiment pas beau. Bien sûr, il aurait été possible de placer le jupon sous la doublure, qui elle était opaque, mais ça voulait dire que je me retrouvais avec du tulle contre la peau, et ce n’était vraiment pas confortable. J’aurais pu ajouter une 4ème couche fine entre le tulle et mes jambes, mais franchement, à ce stade, je ne me voyais pas recouper plusieurs mètres de tissus pour faire une sorte de 2ème doublure !

J’ai donc joué la carte de la simplicité et je suis restée sur mes deux couches : une couche de mousseline, une couche de viscose. Et c’était déjà assez encombrant comme ça !

LE SYSTÈME DE FERMETURE

Pour la fermeture de la robe (dans le dos), j’avais une vision très claire de l’effet que je voulais, mais j’ai eu du mal à conceptualiser la chose en 3D. Au départ, je voulais uniquement des boutons sur le corsage, des boutons qui cacheraient le début du zip sur la ceinture, et un zip invisible sur la jupe. Pas de boutons sur la jupe car je voulais garder l’effet vaporeux de mon modèle et je trouvais qu’une ligne de boutons aurait gâché cet effet.

Pour m’aider à visualiser les choses, je me suis fait des petites pièces d’étude en papier, ce qui m’a permis de réaliser que mon idée initiale ne marcherait pas à cause de la gestion de la doublure. (Déjà que j’ai eu du mal à visualiser, c’est très dur à expliquer par écrit, donc croyez moi sur parole, le résultat n’aurait pas été propre, et comme je voulais que ces petits boutons recouverts dans le dos soient le détail qui claque, je ne voulais pas bâcler cet endroit là !).

Du coup, j’ai mis des boutons (lichette avec boutonnières élastiques d’un côté et boutons recouverts de l’autre). J’ai acheté mes boutons chez Eurodiff. Ce ne sont pas les plus classes mais je n’en avais pas trouvé sur le site de Stragier, je n’ai pas dû chercher au bon endroit, parce que je suis sûre qu’ils en vendent des petits un peu plats, exprès pour les robes de mariées, mais je ne les ai pas trouvés… J’ai donc poser ces boutons sur le corsage ET la ceinture. (Et le zip n’est cousu qu’à la partie « jupe »).

Pour coudre la lichette, tout était très bien expliqué dans le cours de Camille sur Artesane. Je n’ai pas rencontré trop de difficulté, à part que ma lichette s’effilochait beaucoup ! J’ai dû faire quelques points à la main pour rattraper le truc. Et ah oui, comme une idiote, lorsque j’ai monté le corsage, j’ai été pressée de voir ce que ça donnait avec la lichette et je l’ai posé tout de suite (et COUPÉ ce qui dépassait BIEN SÛR!), sans penser qu’il allait aussi falloir en mettre pour fermer la ceinture et qu’il aurait été plus judicieux d’assembler la ceinture au corsage et de ne poser la lichette qu’après avoir réalisé cette étape !!

Bref, j’ai donc posé la lichette en deux morceaux…..ça m’aura au moins permis de centrer les boutons au niveau de la ceinture.

Ensuite, pour la pose du zip, j’ai fait des pièces d’étude avec des chutes de mon tissu, et ça m’a permis de me rendre compte que je pouvais poser le zip en traitant la mousseline et la doublure de la jupe comme un seul tissu. L’inconvénient était que les finitions n’étaient pas aussi nickels à l’intérieur puisque le zip ne pouvait pas être pris entre la mousseline et la doublure (ce qui aurait permis de cacher les marges de couture). Mais bon, vu que la mousseline était transparente, je n’avais pas le choix de toute façon.

Et le principal, c’est que vu de l’extérieur, le rendu est exactement comme je le voulais : invisible!

L’OURLET DE DE LA JUPE EN MOUSSELINE

Après le fiasco de l’ourlet de la doublure, autant vous dire que j’étais terrorisée à l’idée de foirer l’ourlet de la mousseline ! (parce que là, 1) pas le temps de tout refaire et 2) pas les moyens !!)

Après mûre réflexion, on a décidé avec ma mère de laisser la longueur quasiment telle quelle. Sur mon patron, la jupe en mousseline mesurait 1m20 de long. Même si je suis grande, c’est quand même beaucoup! J’ai simplement enlevé quelques cm au moment du passage à la surjeteuse, grâce à laquelle j’ai fait mon ourlet roulotté (j’en profite pour bénir l’inventeur de la surjeteuse, 6 mètres d’ourlet à la main aurait été un calvaire pour mes nerfs déjà bien éprouvés à cette étape de la confection !!). De toute façon, ça allait traîner par terre, pas besoin d’y passer trop de temps non plus.

Finalement, avec le recul, c’est vrai que ça m’a obligé à porter ma robe pour me déplacer mais franchement, c’était largement gérable, je crois que je préfère ça plutôt que d’avoir un ourlet trop court ou pas droit !!

Point astuce : j’avais déjà cousu un ourlet roulotté sur la jupe en mousseline, et ce dès l’assemblage des panneaux qui forment la jupe. Pourquoi ? Pour éviter que le tissu ne s’effiloche pendant le reste de la confection. Je ne prenais pas de « risques » puisque j’avais prévu très large pour la longueur de la jupe, je savais que je recouperai plus court à la fin, donc ce n’était pas gênant.

C’EST BIEN BEAU LA ROBE QUI TRAÎNE PAR TERRE, MAIS…

ET SI ON DANSE ?

Mes copines m’avaient parlé de systèmes d’attaches qui existent pour relever la traîne et permettre de danser sans se prendre les pieds dans la robe. Le problème c’est qu’avec ma mousseline transparente, tout système d’attache se serait vu par transparence, et je ne voulais pas risquer de fragiliser le tissu en mettant une grosse épingle à nourrice dans de la soie…

Comment j’ai fait alors ? Improvisation totale sur le moment, la jupe était suffisamment longue et ample pour que je puisse me l’attacher sur l’épaule, un peu comme un Sari indien. Chic, je ne sais pas? Pratique, oui !! Mille fois ! Et au moins j’ai pu danser tranquille toute la soirée sans avoir peur que quelqu’un marche sur ma robe et me l’arrache (une de mes hantises avec le verre de vin rouge renversé sur la robe par un invité: VÉRIDIQUE c’est arrivé à quelqu’un que je connais !! Je vous raconte pas les sueurs froides quand on m’a raconté cette histoire!!).

BILAN DE CETTE AVENTURE

Est-ce que c’était dur (techniquement) ? Pas vraiment, il suffit de se former un minimum, mais rien n’était « difficile » à réaliser une fois que l’on a compris comment faire. La vraie difficulté technique pour moi ça a été la gestion de la transparence de la jupe !

Est-ce que c’était éprouvant? OUI!

Est-ce que je recommencerai ? Sans hésiter !

Est-ce que je peux coudre ta future robe de mariée ? Euh comment te dire…. je te laisse aller voir Camille, moi je n’ai pas l’étoffe (haha) pour résister à la pression de coudre une robe aussi importante pour quelqu’un d’autre ! Coudre pour soi c’est une chose – si en cours de route il y a des loupés, on peut changer d’idée, si les finitions ne sont pas parfaites, on peut s’en accommoder, si le fit paraît bizarre, on peut réessayer à tout moment. Quand on coud pour les autres, il faut respecter le design choisi au départ, on n’a pas la personne sous la main pour faire des essayages à chaque étape, et surtout, je ne pourrais pas rendre un vêtement qui n’ait pas des finitions irréprochables…. Trop de stress ! Sans compter le temps passé qui est énorme!

D’ailleurs, on m’a beaucoup demandé combien de temps j’avais passé en tout sur cette robe. Pour la confection uniquement, j’ai dû passer 100h (10 journées de 10h réparties en 6 jours et deux week-ends entiers (dont certains avec l’aide de ma maman)). Et ça ne comprend pas le temps passé à imaginer la robe, à chercher les tissus, à patronner, à faire des toiles, à se former sur les finitions et sur la couture de la dentelle…..C’est bien simple, je crois qu’il ne s’est pas passé un jour à compter du moment où on a décidé de se marier sans que je ne pense pas à cette robe!

Du coup, j’allais oublier la question principale : est-ce que je suis satisfaite de moi ? Tu l’auras sans doute remarqué à la lecture de cet article, je suis très (trop ?) exigeante envers moi-même (et encore, depuis que j’en ai pris conscience, j’essaye de lâcher sur certains trucs!), et je m’étais mise une pression de dingue pour ce projet, ma résistance face à l’impossibilité d’atteindre une perfection a failli me bouffer! Mais aujourd’hui, quand je regarde les photos, je suis très très fière de ma robe, elle est exactement comme je le voulais, j’y ai mis tout mon cœur et je ne regrette qu’une chose : ne pas pouvoir la porter plus souvent !!

Ça c’est un des trucs qui m’a aidé à prendre du recul quand je craquais : c’est une robe portée 6 ou 8 h dans ma vie, one shot, donc est-ce que ça vaut vraiment la peine de se mettre dans cet état pour ça ?

MES CONSEILS

Si jamais tu lis cet article parce que toi aussi tu as décidé de te lancer dans la couture de ta robe de mariée, déjà, j’espère que mes histoires de galères ne t’ont pas trop refroidie! Il ne faut pas! Au contraire, j’ai écris tout ça pour que ça ne t’arrive pas (et pour que si ça t’arrive, tu te sentes moins seule!).

  • Premier conseil (qui tombe sous le sens) : fais des toiles ! On m’avait conseillé de faire ma toile dans un tissu similaire à mon tissu final, mais pour une robe de mariée, c’est pas forcément évident de trouver des tissus qui y ressemblent et à moindre prix! Alors oui, certains polyester ressemblent à de la soie, mais alors franchement, évitez-vous les galères de coudre une toile avec un polyester fuyant ! C’est le meilleur moyen pour vous démotiver ! Ou alors réservez cette option pour la toute dernière toile, une fois que le patron a été validé, pour vérifier si ça convient aussi avec le tombé du tissu. Pareil pour la dentelle, vous pouvez bien sûr trouver des dentelles pas chères pour vous entraîner, mais au stade de la toile, ce qui compte c’est de vérifier le fit, et une toile de coton fera aussi bien le job !
  • Deuxième conseil : écrire les étapes de montage avant de se lancer. ça vous permettra de savoir où vous allez, et si vous y réfléchissez en détail, ça vous permettra peut-être de noter des trucs que vous auriez oublié une fois lancée, la tête dans le guidon !
  • Troisième conseil : essayer des robes en magasin, pour valider que le design qui vous plait sur le papier vous va aussi en vrai ! C’est la toute première chose à faire avant de se lancer!
  • Quatrième et dernier conseil : faites vous aider ! N’hésitez pas à demander de l’aide à des professionnelles, il y a forcément des cours de couture et/ou de modélisme dans votre ville ou sinon sur internet (même si pour l’étape patronnage c’est vrai que c’est toujours mieux d’avoir quelqu’un en chaire et en os pour faire les ajustements directement sur nous). Dans tous les cas, entourez-vous de gens bienveillants qui sauront vous soutenir tout au long de ce projet, qui vous redonneront confiance en vos capacités dans les moments de doute!

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Pour ma part, je ne peux pas finir cet article sans remercier mon petit mari ❤️ qui m’a supporté pendant ces longs mois d’hésitations, de doutes, a sacrifié ses vacances pour que je puisse coudre non-stop et qui a rappelons-le donné de sa personne à certains stades du projet ! (Oui il a VU la robe avant le jour J – LE truc qui a suscité le plus de questions de votre part sur IG! (et par mes proches en vrai!)- mais jamais sur moi!). La fierté et l’amour dans ses yeux le jour J quand il m’a vu dans cette robe pour la première fois valait toutes les galères rencontrées !

Merci évidemment à mes parents et ma sœur, toujours dispos pour me donner leur avis, sans langue de bois. Et merci tout particulièrement à ma mère pour sa patience et son soutien tant moral que concret (ces deux jours passés dans mon appart étouffant à se prendre la tête sur l’ourlet !! MERCI !)

Enfin, merci à toutes les couturières sur Instagram qui m’ont apporté leurs conseils techniques, leur soutien moral et leurs encouragements pendant la phase de couture, et tout particulièrement à Camille @desideesparmilliers  / @camilledesaintleger <3

Et ça y est, je me la ferme et je vous laisse avec les photos prises le jour J par notre photographe Bruno Bouyer.

 

 

6 commentaires

  • Sabine

    Que la création de cette robe de mariée est émouvante : j’en ai les larmes aux yeux . Elle est extraordinairement belle et a une valeur inestimable.
    Félicitations pour cette énergie créatrice incroyable et très instructive.

  • Audrey

    Sublime cette robe !! j ai pour projet de réaliser la mienne prochainement, j ai comme toi commencé la couture fin 2015…j espère faire aussi bien !! j avais repéré des modèles de robes similaires, tu es devenue ma source d’inspiration !! Je garde précieusement ton article hyper hyper complet ! un grand merci !! et Bravo surtout 🙂

  • Alicia

    Coucou !

    A la la ça me rappelle des souvenir cet article ! Quand j’ai réalisé qu’il me manquait 20 cm de tissu (sur un coupon de 3m à 20€ le mètre) pour rester dans le droit fil (on rachète tout ? tant pis ? Tant pis), les marges de couture à planquer (même problème et solution que toi), l’ourlet du bas (à la machine pied « ourlet invisible » spoiler : il n’est pas du tout invisible)….

    Mais je referais tout quand même une deuxième foiiiiiiiis. Merci d’avoir pris le temps de tout consigner par écrit c’était vraiment cool à lire ! Le résultat est vraiment vraiment chouette bravo !

    Pour celles qui seraient curieuses, voici mon aventure à moi https://marquiseelectrique.com/fr/diycouture-mariage-faire-sa-robe-de-mariee-22/

    A bientot 😉
    Alicia

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